A Dijon, le Père Noël est un marcheur nordique de BNW

Créé par Serge Foucaud le 24/12/2025 Publié

À Dijon, la veille de Noël n’est pas un simple moment d’attente feutrée entre papillotes et vin chaud. C’est un rendez-vous solennel, spectaculaire et légèrement mystérieux : la descente du Père Noël depuis la tour Philippe le Bon. Une tradition dont l’origine remonte à l’hiver 1951. Autant dire qu’il faut au minimum être en M8, pour l’avoir vécue en direct.

Cette annĂ©e-lĂ , le 23 dĂ©cembre 1951, tandis que les commerçants achèvent la dĂ©coration de leurs vitrines, une scène pour le moins sombre se prĂ©pare, sur le parvis de la cathĂ©drale Saint-BĂ©nigne. LĂ , avec quelques membres du clergĂ© et plus de 250 enfants, on pend puis on brĂ»le une effigie du Père NoĂ«l. Un autodafĂ© qui n’a rien d’anodin : depuis quelque temps dĂ©jĂ , certaines autoritĂ©s catholiques dĂ©noncaient le « paganisme » et la « laĂŻcisation » de la fĂŞte de NoĂ«l.

Instagram, Facebook et TikTok sont encore loin, mais le fait divers fait un bruit considérable. La presse nationale s’emballe, France-Soir y consacre son éditorial dès le lendemain, et l’ethnologue Claude Lévi-Strauss s’en mêle. Sa conclusion est savoureuse : en voulant supprimer le Père Noël, les Dijonnais n’ont fait que le rendre immortel. Comme quoi, brûler un mythe est rarement une bonne idée.

Alors, le chanoine Kir, maire de Dijon, fidèle à son esprit frondeur, choisit la réconciliation plutôt que le bannissement. Le Père Noël sera réhabilité… mais sous conditions. Désormais, chaque veille de Noël, il devra faire pénitence en descendant à la corde, depuis le sommet de la tour Philippe le Bon. Pas de traîneau. Pas de raccourci. Juste du souffle, des jambes et un certain sens du vide.

Très vite, un cahier des charges implicite s’impose. Il faut un Père Noël :

·        endurant,

·        habituĂ© Ă  l’effort en plein air,

·        capable de gĂ©rer le froid, le vide

·        dotĂ© d’une posture irrĂ©prochable et d’une respiration parfaitement maĂ®trisĂ©e.

Autrement dit… un profil très proche de celui d’un marcheur nordique expérimenté, titulaire d’une licence au minimum santé forme de la FFA et non d’un simple PPS.

Les Dijonnais commencent alors à remarquer certaines habitudes troublantes. Le Père Noël s’échauffe longuement avant la descente. Il parle volontiers de gainage, de régularité et de placement du bassin — un vocabulaire étonnamment technique pour un homme censé travailler avec des lutins. Pire encore, on l’aperçoit parfois, début décembre, arpenter le parc de la Colombière, bâtons en main, déroulant une foulée ample, efficace…

Le doute n’est plus permis lorsque certains reconnaissent la technique : attaque talon, poussée avant et arrière impeccable, bras engagés, alignements respectés, regard lointain. C’est du Burgundy Nordic Walking.

Du très beau BNW, même. Propre. Fluide. Presque pédagogique.

Un prénom circule alors, à voix basse, par respect : Didier.

Didier, figure bien connue du Burgundy Nordic Walking, apprécié pour son endurance tranquille, son sens du rythme et sa capacité à « tenir longtemps sans jamais forcer ». Un Didier mystérieusement indisponible au moment précis de la descente, mais toujours présent ensuite, détendu, sourire aux lèvres, expliquant avec simplicité que « la marche nordique, c’est idéal pour récupérer après une descente » — Certains ajoutent « ...surtout après une descente de cave ».

Bien sûr, rien n’est prouvé.

Officiellement, le Père Noël est unique, universel et intemporel.

Mais si, sous la barbe blanche, se cachait tout simplement un excellent ambassadeur du Burgundy Nordic Walking ? 

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